Démolir l’aérogare de Mirabel, une bonne solution?

Mirabel

Récemment, ADM a annoncé son intention de procéder à la démolition de l’aérogare de Mirabel.  Une décision surprenante?  L’immeuble, inoccupé depuis près de 10 ans, entraine d’importants déboursés pour son maintient.  Plus de 30 millions depuis sa fermeture.  C’est un argument de taille!  Pourquoi en sommes-nous rendus là?

Un peu d’histoire.

Conçu à la fin des années 60 au moment où Montréal a le vent dans les voiles, un nouvel aéroport devenait essentiel.  De plus, Montréal était à l’époque la porte d’entrée du pays pour les vols internationaux.  Il fallait donc un grand aéroport.  Mirabel était voué à devenir le plus grand aéroport au monde! Plusieurs localisations ont été étudiées et c’est finalement Mirabel qui a été choisie.  Un peu loin, mais beaucoup de terrain disponible.  Disponible certes, mais, il faut se rappeler les importants problèmes liés à l’acquisition par expropriation de ces terres agricoles.  Ce douloureux chapitre pourrait à lui seul faire l’objet de plusieurs articles!  Nous y reviendrons.

Inauguré le 4 octobre 1975, l’aéroport était splendide et immense.  L’architecte Louis-Joseph Papineau qui avait travaillé sur le pavillon du Québec à Expo 67 signe les plans de l’aérogare.  Malheureusement, cette époque constitue le début de la descente aux enfers pour Montréal.  Construit en plein milieu d’un champ, Mirabel n’a jamais pu tenir ses promesses.  Lui en a-t-on donné l’occasion?  L’autoroute 13 n’a jamais été complétée pour s’y rendre.  Le lien ferroviaire entre l’aéroport et le centre-ville n’a jamais été construit.  Montréal à perdu son rôle de porte d’entrée du Canada tout comme son titre de capitale et Dorval fut laissé ouvert.  Comment pouvait-on s’attendre à d’autres résultats que ceux que nous connaissons?  Rappelons-nous la longue période de tergiversation au sujet notamment des vols internationaux, Dorval ou Mirabel, Mirabel ou Dorval?  Dans ces conditions, l’échec de ce beau rêve était prévisible.

La nouvelle réalité.

Pour justifier sa décision ADM cite deux rapports d’experts.  Il y a eu beaucoup d’évolution dans le domaine de l’aviation au cours de la dernière décennie, le bâtiment aurait besoin d’importants travaux pour le remettre aux nouvelles normes.  Par ailleurs,  sa conversion pour d’autres usages serait très complexe et forcément, très couteuse. Environ 30 millions seulement pour l’aérogare.  De plus, cela ne règlerait aucunement son problème de localisation.

Il faut donc se rendre à l’évidence, dans le contexte, il n’y a plus grand-chose à faire avec cet immeuble.  Il est probablement plus sage de stopper les dépenses liées à son maintien plutôt que d’attendre indéfiniment un projet qui ne viendra pas.

Qu’arrivera-t-il lorsque Dorval arrivera à saturation et qu’il sera impossible de l’agrandir une autre fois…  On s’ennuiera peut-être de Mirabel!

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