Une autre grève dans la construction?

Quebec

Il y a près d’un an, l’industrie québécoise de la construction avait été paralysée par une grève qui avait duré 13 jours.  Bien que les secteurs du génie civil et voirie ainsi que celui du résidentiel étaient arrivés à une entente après seulement quelques jours, ce ne fut pas le cas pour le secteur industriel, commercial et institutionnel.  Cet important secteur touche près de 100 000 travailleurs.  Ces travailleurs sont retournés au travail suite au dépôt d’une loi spéciale.

Un an plus tard, les négociations n’ont pas fait de progrès réel et nous nous retrouvons maintenant avec le risque d’un autre conflit de travail.

L’application de la loi spéciale qui avait forcé le retour au travail prendra fin d’ici quelques jours soit le 30 juin. Les droits de grève et de lock-out pourraient être exercés à partir du 22 juillet à moins d’une prolongation du mandat du médiateur, Normand Gauthier, ce qui porterait l’échéance ultime au 22 août.  Le scénario d’une nouvelle grève ne plait pas au nouveau ministre du Travail, Sam Hamad.   Celui-ci a d’ailleurs affirmé récemment que les juristes du Ministère du Travail ont déjà commencé à rédiger une loi afin d’éviter une autre grève.

Interrogé sur le droit de grève dans l’industrie de la construction, M. Hamad a répondu qu’il s’agit d’un dossier public, et non privé. «C’est l’intérêt du public qui compte avant tout, a dit le ministre. La majorité des travaux sont financés par les citoyens. Les hôpitaux, le Colisée, les CHSLD… Ce sont les citoyens qui financent ces projets-là. Ce n’est pas un conflit privé parce que le public est directement touché. Nous avons le choix entre des intérêts privés ou l’intérêt supérieur des citoyens. Nous, on a choisi les citoyens.»

Causes du litige.

L’Association de la construction du Québec (ACQ) présente les mêmes demandes que l’an passé.  Ces demandes provenant des employeurs visent une plus grande souplesse dans la mobilité régionale des travailleurs ainsi que des changements en lien avec les heures supplémentaires.

Les pourparlers entre les patrons et les syndicats sont toujours en cours. Mais, autant du côté de l’Alliance syndicale que de l’ACQ, des tournées du Québec sont en cours. Dans les différentes régions, les sections locales des syndicats donnent des mandats de grève à leurs représentants, au cas où.

À l’ACQ, la porte-parole Lyne Marcoux assure que les patrons ne veulent pas verser dans la confrontation et ne cherchent pas à obtenir un mandat pour un éventuel lock-out. Les conditions de travail des employés doivent permettre aux compagnies de s’adapter à la réalité du marché dans lequel elles évoluent, plaide-t-elle. «Ce sont essentiellement les mêmes demandes, mais on a toujours dit aux syndicats qu’on était ouvert et qu’on ne s’attend pas à obtenir 100 % de ce qu’on demande», affirme Mme Marcoux.

La pression est donc énorme des deux côtés, arriveront-ils à une entente alors que ce ne fut pas le cas l’année dernière?  La question demeure en suspend.  Dossier à suivre!

Source : La Presse
Photo: STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

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